Né en 1937 dans l’Ohio, Joe Henderson arrive à New York au début des années 60 et s’impose très vite comme l’un des ténors les plus demandés du moment. On l’entend aux côtés de Horace Silver, Herbie Hancock, Andrew Hill ou encore Freddie Hubbard. Un musicien de l’ombre, mais un pilier du jazz moderne.
En 1964, il enregistre Inner Urge, un album charnière dans sa discographie. Ici, Henderson pousse le hard bop vers quelque chose de plus tendu, presque abstrait, sans jamais perdre le sens du groove. Les compositions sont signées en grande partie par le saxophoniste lui-même, et témoignent de son goût pour les structures ouvertes et l’intensité dramatique.
Le quartet réuni pour l’occasion est remarquable :
- McCoy Tyner au piano
- Bob Cranshaw à la contrebasse
- Elvin Jones à la batterie
Un album puissant, exigeant mais profondément expressif, qui marque une étape essentielle entre le hard bop classique et le jazz plus exploratoire de la fin des années 60.
Joe Henderson, c’est un jazz qui ne cherche pas à séduire immédiatement, mais qui récompense l’écoute attentive.
Un artiste respecté, influent, et toujours actuel — même lorsqu’on ne l’entend plus aussi souvent à l’antenne.


































