Né le 8 mai 1951 à Denver, Philip James Bailey a grandi dans l'effervescence de Chicago. Nourri par les vibrations de Miles Davis, John Coltrane et la ferveur de la Motown (Stevie Wonder, Marvin Gaye), le jeune musicien forge son identité entre exigence instrumentale et émotion pure. Percussionniste de formation, il maîtrise le marimba et le timpani, mais c'est son organe vocal, une voix de fausset cristalline et puissante, qui va marquer l'histoire de la musique mondiale.
L'âge d'or avec Earth, Wind & Fire
En 1972, sa route croise celle du visionnaire Maurice White. Invité à rejoindre Earth, Wind & Fire, Philip Bailey devient l'un des piliers du groupe dès l'album Last Days and Time. Sa complémentarité avec White sur des hymnes comme "September", "Shining Star" ou "Boogie Wonderland" insuffle un groove organique qui soulève les foules. Devenu leader de la formation après le départ de Maurice White, il continue aujourd'hui de porter haut l'héritage de cette constellation funk aux côtés de Verdine White et Ralph Johnson.
L'épopée Chinese Wall et la magie Phil Collins
Si le succès collectif est immense (ponctué par sept Grammy Awards et de multiples disques d'or), Philip Bailey s'illustre également en solo dès 1983. Le tournant majeur survient en 1984 avec l'album Chinese Wall. Produit par son complice Phil Collins, l'opus contient la bombe atomique "Easy Lover". Co-écrit avec le bassiste Nathan East, ce duo électrisant grimpe au sommet des charts internationaux, confirmant le statut de star planétaire de Bailey. Les deux artistes renouvelleront leur collaboration en 1986 sur l'album Inside Out.
Un artiste aux multiples visages
Curieux et spirituel, Philip Bailey n'a jamais cessé d'explorer. Il s'aventure avec ferveur dans le Gospel avec des albums comme Triumph (récompensé d'un Grammy en 1987) et revient à ses premières amours avec l'album Soul on Jazz en 2002. Son aura dépasse les studios d'enregistrement : on le retrouve sur le grand écran, notamment sous la direction de Stanley Kubrick dans le culte Full Metal Jacket en 1987, ou prêtant sa voix et son image à des projets multimédias comme le jeu vidéo Isis.
Aujourd'hui, entouré de sa femme Valérie Bailey et de leurs sept enfants, Philip Bailey demeure une figure respectée, un pont entre les générations. Des collaborations avec Stevie Wonder ou Chick Corea jusqu'aux scènes contemporaines avec Travis Scott, il prouve que la virtuosité n'a pas d'âge.


































