Une création solo radicale où le souffle devient architecture sonore
Avec Cosmogonia, Yom pousse son art dans une forme d’exigence rare : un solo intégral, sans accompagnement, centré uniquement sur la clarinette et le corps comme moteur sonore. Loin d’un concert traditionnel, la performance s’inscrit dans une démarche immersive où le son est traité comme une matière vivante, presque organique.
Le musicien s’appuie sur une maîtrise poussée du souffle continu, des arpèges rapides et de dispositifs de spatialisation en temps réel. À cela s’ajoutent des pédales d’effets activées en direct, qui transforment la perception du jeu et créent des superpositions harmoniques troublantes. Par moments, l’écoute donne l’illusion d’une polyphonie, comme si plusieurs musiciens occupaient l’espace scénique.
Ce travail de longue haleine, nourri par quinze années de recherche, marque une rupture dans le parcours de l’artiste. Il ne s’agit plus seulement de jouer, mais de maintenir un flux ininterrompu, presque physique, où la musique devient endurance et tension.
Une expérience sensorielle entre minimalisme, transe et méditation collective
Cosmogonia s’inscrit dans une filiation assumée avec le minimalisme répétitif américain, rappelant la rigueur de Steve Reich ou Philip Glass, tout en intégrant une dimension organique et charnelle proche de Colin Stetson. Mais ici, la structure musicale laisse place à une expérience plus libre, où la narration disparaît au profit des sensations.
Sur scène, l’œuvre devient un espace de perception. Le public n’est pas invité à suivre un récit, mais à traverser des états sonores successifs : variations d’intensité, nappes vibratoires, textures mouvantes. Le temps semble se dilater, l’écoute devient presque méditative, parfois physique.
Pensé comme un moment de partage plus que comme un spectacle frontal, Cosmogonia explore une autre manière d’être ensemble face au son : plus attentive, plus introspective, presque rituelle. Une proposition artistique qui s’inscrit dans la programmation du Théâtre de la Concorde, autour de la notion de confiance, et qui trouvera ses premières formes scéniques à Paris avant une tournée annoncée pour 2027-2028.


































