Quelques semaines après “Habanera”, relecture libre et légèrement déglinguée à la Tom Waits de la célèbre mélodie de Bizet dans Carmen, Oan Kim & the Dirty Jazz poursuivent leur exploration musicale singulière avec un nouveau single marquant : “When Colors Turn Grey”, en collaboration avec Melody Gardot. Ce titre s’impose comme l’un des temps forts du prochain album Infinity Shakes, attendu chez Artwork Records / [PIAS] à la rentrée.
Pensé comme la bande-son d’un film imaginaire, le morceau met en scène deux personnages solitaires — un homme et une femme — qui errent dans des trajectoires parallèles, chacun noyé dans sa mélancolie. Le décor est celui d’un New York des années 50, sombre, brumeux, presque fantasmé, où les émotions se dissolvent dans la nuit.
Musicalement, “When Colors Turn Grey” mêle la nostalgie des crooners de l’après-guerre à une production plus brute, aux accents garage, créant un contraste permanent entre élégance et rugosité. Le morceau joue sur cette tension : une sensualité feutrée qui se heurte à une profonde fêlure émotionnelle.
Les voix entremêlées de Melody Gardot et Oan Kim donnent chair à ce chagrin d’amour intemporel, comme deux souffles qui se cherchent sans jamais totalement se rejoindre. L’ensemble est porté par une ligne de saxophone d’une grande finesse, évoquant l’élégance mélancolique de Ben Webster, figure tutélaire du jazz nocturne et romantique.
Avec ce nouveau single, Oan Kim & the Dirty Jazz confirment leur univers cinématographique et émotionnellement dense, entre jazz habité, atmosphères rétro et modernité abrasive, annonçant un album Infinity Shakes déjà très attendu.


































