Aux manettes, deux membres du trio britannique Jungle : J Lloyd-Watson et Lydia Kitto. Ensemble, ils ont bouclé l'album en trois sessions éclair. Le groove en est devenu le fil conducteur : afrobeat de Fela Kuti, samba et bossa brésiliennes, disco, soul des années 70. On pense aussi bien à Jorge Ben qu'à Sergio Mendes ou au Paul Simon de The Rhythm of the Saints. Le résultat évite pourtant l'exercice de style : les références se sentent, sans jamais peser.
Douze titres, et une envie claire dès l'ouverture. « Light the Way » pose un groove ondulant, cuivres chauds, guitares soignées, et cette voix de velours qui n'a rien perdu de sa patte. Plus loin, « All Day, All Night », avec Lydia Kitto, distille une langueur sensuelle qui sent la nuit d'été. Le morceau-titre, né d'une parenthèse créative à Copenhague, résume à lui seul l'état d'esprit du disque.
Ce bonheur-là, Bridges ne le vend pas comme un slogan. « Ce n'est pas un sentiment qu'on court après », a-t-il expliqué en présentant l'album. Ici, la joie se cultive, comme une décision. Un pari original, à l'heure où la légèreté est parfois regardée de travers.
Côté accueil, la critique est partagée. Certains saluent une évolution stylée et cohérente, avec ses textures jazzy et sa soul contemporaine. D'autres jugent l'ensemble un peu trop lisse, plus proche de la légèreté que de la profondeur. Difficile pourtant de ne pas lui reconnaître une qualité : la sincérité de l'élan.
Autre singularité : le disque est sorti en trois volets de quatre titres, dévoilés au fil de l'été. Une façon de faire durer le plaisir, et d'inviter l'auditeur à s'installer dans cet univers ensoleillé, du matin jusqu'au dernier cocktail.
Happiness Anytime est disponible partout. Idéal pour prolonger l'été, même quand l'automne s'installe.


































