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Quel héritage Michael Jackson a-t-il laissé au jazz, à la soul et au funk ?

Quel héritage Michael Jackson a-t-il laissé au jazz, à la soul et au funk ?

Une nouvelle histoire de jazz, racontée par Benoît Thuret

Quand on parle de Michael Jackson, on pense immédiatement à la pop. À Thriller, Billie Jean, la Moonwalk (dont on vous avait déjà parlé dans une précédente histoire de jazz !) le gant blanc… Et c’est vrai : il est, et restera le "Roi de la Pop". Mais limiter Michael Jackson à ce seul royaume, ce serait oublier qu’il est né dans la soul, qu’il a grandi dans le funk, et que son ombre plane encore aujourd’hui sur le jazz.

Tout commence avec les Jackson 5. À dix ans, à peine, Michael chante comme un soulman expérimenté. Des morceaux comme I Want You Back ou Who's Lovin’ You reprennent les codes de la soul Motown, mais avec une fraîcheur, un groove, une virtuosité vocale inédite chez un si jeune interprète. C’est de la soul, mais propulsée vers l’avenir.

Puis arrive l’adolescence, et avec elle… le funk. Michael s’émancipe. Écoutez Dancing Machine, Shake Your Body, ou plus tard Don’t Stop ’Til You Get Enough : c’est du funk à 1000%, nourri de James Brown, mais avec une signature unique. Des lignes de basse ciselées, des cuivres explosifs, et surtout ce rythme vocal percussif, presque dansé — qui deviendra sa marque.

Ce style, Michael le pousse encore plus loin avec Quincy Jones, génie du jazz et producteur de Off the Wall, Thriller et Bad. Ensemble, ils fusionnent les genres. Le funk devient pop. Le jazz devient production. Le groove devient global. Quincy Jones dit d’ailleurs :

"Michael était un instrument à lui tout seul".

Il avait le phrasé d’un jazzman, la sensation rythmique d’un batteur, la voix d’un gospel, et la présence… d’un phénomène.

Et l’héritage, alors ? Il est immense. On le retrouve dans les compositions de Bruno Mars, dans celles d’Anderson Paak ou encore D’Angelo, chez tous ces artistes qui osent hybrider le funk, le jazz et la soul avec des sons modernes.

Ses harmonies vocales sont étudiées dans les écoles de musique. Ses grooves sont samplés par des jazzmen, ses morceaux repris en version funk ou néo-soul dans les clubs. Même des légendes du jazz comme Herbie Hancock ou Miles Davis ont salué son génie.

Alors non, Michael Jackson n’a pas simplement marqué la pop. Il a réinventé la soul, popularisé le funk, modernisé le jazz — et transmis tout ça à une génération entière. Il n’était pas qu’un Roi de la Pop. Il était un pont entre les musiques noires américaines… et le monde entier.