Et si l’un des guitaristes les plus virtuoses du jazz fusion venait d’Australie ? Lorsqu’on évoque les grandes figures de la guitare électrique, les États-Unis et l’Europe occupent souvent le devant de la scène. Pourtant, l’Australie possède elle aussi une riche tradition musicale. Parmi ses représentants les plus emblématiques, Frank Gambale occupe une place particulière.
Né à Canberra en 1958, Gambale se passionne très tôt pour la guitare et développe rapidement une approche extrêmement technique de l’instrument. Il part ensuite aux États-Unis pour étudier au Guitar Institute of Technology, à Los Angeles, où il deviendra lui-même enseignant dans les années 1980.
Mais sa carrière prend une nouvelle dimension en 1986, lorsqu’il rejoint la Chick Corea Elektric Band. Aux côtés de Chick Corea, Dave Weckl, John Patitucci et Eric Marienthal, il participe à l’un des groupes majeurs du jazz fusion des années 1980.
Sa guitare devient alors immédiatement identifiable : un son puissant, des phrases d’une rapidité impressionnante et des harmonies sophistiquées.
Gambale est notamment connu pour avoir popularisé le sweep picking, une technique qui consiste à utiliser un mouvement continu du médiator pour enchaîner plusieurs notes rapidement et avec fluidité. Une prouesse technique qui deviendra l’une de ses grandes signatures.
Mais réduire Frank Gambale à sa vitesse serait une erreur. Son originalité réside surtout dans sa capacité à mettre cette virtuosité au service de la musique. Son style mélange jazz, rock et fusion, avec une attention particulière portée à l’harmonie, à l’improvisation et à la composition. Au sein de la Elektric Band, sa guitare apporte ainsi une énergie très rock à un langage profondément jazz.
Pour découvrir son univers solo, The Great Explorers, sorti en 1990, constitue une excellente porte d’entrée. Et pour l’entendre au cœur de la fusion, Eye of the Beholder, enregistré avec la Chick Corea Elektric Band, illustre parfaitement son approche.
On pourrait rapprocher sa virtuosité de celle de Steve Vai ou Joe Satriani, mais Gambale appartient avant tout au monde du jazz fusion. Là où ses homologues sont principalement associés au rock instrumental, lui utilise la technique pour repousser les possibilités de la guitare dans un contexte jazz.
De Canberra aux grandes scènes internationales, Frank Gambale rappelle ainsi que le jazz moderne ne se limite pas à ses terres historiques.
L’Australie aussi a contribué à écrire son histoire. Et parfois, cette histoire se joue à la guitare électrique.


































