Pour ses 85 ans, Chucho Valdés a choisi la scène plutôt que le gâteau. Le pianiste cubain, né le 9 octobre 1941 à Quivicán, a lancé ses concerts d’anniversaire dès le début du mois. Il a ouvert la série le 3 octobre à Miami, à l’Adrienne Arsht Center, avec Joe Lovano et Terence Blanchard comme invités.
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La suite est chargée. Les 16 et 17 octobre, il retrouve le Rose Theater de New York en quintet, avec Lovano, le bassiste John Patitucci et le batteur Marcus Gilmore, pour un programme de standards. Il joue ensuite à Charleston le 20 octobre, puis à l’université Cornell le 23. San Francisco lui consacre quatre soirées fin mai 2027. Côté français, rendez-vous le 28 avril 2027 à Paris, avec son Royal Quartet et des invités.
Pour comprendre d’où il vient, il faut regarder du côté de son père. Bebo Valdés, pianiste et chef d’orchestre, était un pionnier du mambo. Chucho grandit dans cette musique-là, puis la pousse ailleurs. En 1967, il rejoint l’Orchestre cubain de musique moderne d’Armando Romeu, à une époque où le pouvoir juge le jazz américain contre-révolutionnaire. En 1973, il fonde Irakere, et continue pendant des années à jouer du jazz sur une île où tout ce qui venait d’Amérique du Nord était regardé de travers.
Le temps lui a donné raison. Sept Grammy Awards, un Latin Grammy pour l’ensemble de sa carrière, une entrée au Latin Songwriters Hall of Fame, et en 2025 le titre de NEA Jazz Master, la plus haute distinction américaine pour un musicien de jazz. Il a aussi enregistré plus de vingt-cinq albums sous son nom et cosigné en 2018 « Decoding Afro-Cuban Jazz » avec Rebeca Mauleón.
Il ne regarde pas pour autant dans le rétroviseur. Il prépare « Uncut », un nouvel album en piano solo, présenté comme une plongée directe et intime dans son univers. À 85 ans, Chucho Valdés a encore des disques à sortir et des scènes à remplir. Joyeux anniversaire, maestro.


































