Tout a commencé à Bushwick, dans l’appartement du guitariste Tommy Brenneck. Vingt ans plus tard, le Menahan Street Band est devenu une référence de la soul sans paroles : des cuivres chauds, une rythmique serrée, des mélodies qu’on retient sans avoir besoin de chanteur. Le groupe annonce aujourd’hui Illusions, son quatrième album, qui sortira le 13 novembre sur Diamond West, le label de Brenneck.
Ceux qui connaissent le groupe le doivent souvent à Charles Bradley, dont il fut l’orchestre d’accompagnement. Les autres l’ont peut-être entendu sans le savoir. Le hip-hop est allé piocher dans son répertoire : Eminem sur « Groundhog Day », Kid Cudi sur « Solo Dolo, Part II ». Une musique pensée pour se suffire à elle-même, qui a fini par servir de décor à d’autres voix.
Le dernier disque, The Exciting Sounds of Menahan Street Band, remonte à février 2021. Entre-temps, chacun a poursuivi sa route. Brenneck produit, notamment Baby Rose, Rogê et Kirby, et dirige Diamond West. Dave Guy joue de la trompette avec The Roots et dans le groupe du Tonight Show de Jimmy Fallon. Homer Steinweiss a sorti un disque solo, et travaille avec Nick Movshon, bassiste très demandé, sur de nombreux albums platine. Leon Michels, lui, continue avec El Michels Affair et dirige Big Crown Records.
Malgré les agendas chargés, les retrouvailles ont eu quelque chose d’une page blanche. Brenneck évoque une énergie « comme la première fois ». Les morceaux ont été écrits et enregistrés très vite, sans laisser de place au doute, et c’est ce qui, selon le groupe, a fait ressortir le meilleur de chacun.
Sur Illusions, le son habituel du groupe, guitare, cuivres et batterie, s’ouvre aux cordes du Brésilien Arthur Verocai, légende de l’arrangement. Elles apparaissent sur le premier extrait, « Palace of Illusions », déjà disponible. Brenneck parle d’un « rêve » : selon lui, l’association des arrangements de Verocai et des mélodies de cuivres du groupe a porté la musique à un niveau de sophistication jamais atteint auparavant. Dix titres composent l’album, avec des intitulés comme « Aurora Was Her Name », « Gentleman’s Getaway » ou « The Emerald Courtyard », qui dessinent une sorte de carnet de voyage instrumental. La pochette est signée de l’artiste Ariana Papademetropoulos.
Le groupe défendra ces nouveaux morceaux sur scène le 19 novembre au Webster Hall de New York, avec Black Thought, Kirby et DJ Edan en invités.
Pour les amateurs de soul, de funk cinématographique et de grooves qui se passent de mots, c’est un rendez-vous à noter.


































