Le titre : « Bewitching Bird: Bird at Cafe Society and The Sky Bar ». Deux faces, deux villes, deux moments de la vie du saxophoniste.
La face A remonte à 1950, au Café Society, club mythique de Greenwich Village, à New York. La face B est plus rare : elle réunit des morceaux live jamais publiés jusqu'ici, captés en 1951 pendant les concerts de Parker au Lindsay's Sky Bar, à Cleveland, dans l'Ohio.
Le Sky Bar, c'est un nom que l'histoire du jazz a un peu laissé de côté. Le club ouvre en 1934 sur Euclid Avenue. Toujours selon Axios, il est le premier de la région à programmer des artistes de renommée nationale, et accueille des musiciens noirs dès 1939, à une époque où cela n'avait rien d'évident. En quelques années, la scène a vu passer Billie Holiday, Art Tatum, Dizzy Gillespie et donc Charlie Parker. L'établissement a fermé en 1952, un an après les soirées que ce disque va exhumer.
À cette époque, Charlie Parker, surnommé « Bird », est déjà l'une des figures centrales du bebop, ce jazz rapide et nerveux qu'il a façonné dans les années 40 aux côtés de Dizzy Gillespie. Né à Kansas City en 1920, il mourra à New York en 1955, à seulement 34 ans. Ces enregistrements de 1950 et 1951 appartiennent donc aux dernières années d'un musicien qui a laissé une empreinte immense sur tout le jazz moderne.
Reste à savoir si ces rééditions limitées traverseront l'Atlantique. Pour l'instant, rien n'indique qu'elles seront disponibles en France. Mais pour les collectionneurs comme pour les amateurs de bebop, un Parker inédit, gravé dans un club qui n'existe plus, vaut qu'on garde l'œil ouvert.


































