Ce vendredi 23 et ce samedi 24 octobre, le Rose Theater de New York accueille un programme que Wynton Marsalis a imaginé comme un pont entre deux rives du jazz. Avec From Cuba to the Crescent City, l’Orchestre du Jazz at Lincoln Center remonte aux sources afro-caribéennes et louisianaises de la musique qu’il défend depuis plus de trente ans.
Le trompettiste y pioche dans trois de ses suites : Ochas, Afro! et Congo Square. La première, créée en 2014 dans la foulée d’un voyage de l’orchestre à Cuba, s’inspire des pratiques religieuses afro-cubaines et de leurs chants. La deuxième, Afro!, a vu le jour en septembre 2025 et tourne le regard vers le continent africain. La troisième renvoie à cette place de La Nouvelle-Orléans où, au XIXe siècle, les esclaves se retrouvaient pour danser et jouer, l’un des berceaux du jazz.
Pour faire vivre cette matière, Marsalis s’entoure de deux invités de poids. Le premier est Pedrito Martinez, percussionniste et chanteur né à La Havane, installé à New York depuis 1998 et prêtre de santería. Il avait déjà participé à la création d’Ochas, et c’est sur ses tambours batá que les rythmes de la tradition yoruba cubaine prennent toute leur place. Le second est Weedie Braimah, virtuose ghanéen du djembé, qui avait lui aussi été de l’aventure Afro! à l’automne dernier. La chanteuse Shenel Johns, présente sur la même création, complète la distribution.
Dans l’orchestre, on retrouve notamment Carlos Henriquez à la contrebasse, Dan Nimmer au piano et Obed Calvaire à la batterie, avec la section de cuivres habituelle du Jazz at Lincoln Center. Un casting qui dit bien l’esprit de la soirée : faire dialoguer le grand orchestre et les percussions, la rigueur d’écriture et la ferveur collective.
Cette rencontre entre Cuba et La Nouvelle-Orléans n’a rien d’une nouveauté pour la maison new-yorkaise. Depuis la fin des années 1990, le Jazz at Lincoln Center multiplie les échanges avec les musiciens cubains, jusqu’à une résidence de l’orchestre sur l’île en 2010. Cette fois, Marsalis resserre le propos autour d’une idée simple : le jazz s’est construit par les rythmes qui ont traversé l’Atlantique, et il continue de s’y ressourcer.


































